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Des arbres et des hommes

par | Fév 6, 2017 | 0 commentaires

Transformée en exploitation céréalière dans les années 70, la terre de Châteaufer a longtemps été une terre d’élevage. La mécanisation des années 70 ont ré-oriénté un temps sa destinée mais le contexte environnementale et agricole permet de redistribuer les cartes. Situé à la limite sud de la champagne berrichonne, le territoire ne se laisse pas classer facilement. Au nord, un sol argilo-calcaire, très favorable à la céréale et au sud, une terre sablonneuse, prémisse des bords de Cher. Cette diversité de sol, ingrate pour mener une agriculture unique, nous allons tenter d’en faire une chance. Elle va nous permettre de mettre en place une polyculture élevage et d’enrichir notre domaine d’une grande palette de végétaux.

Le projet agroforestier
  1. Les haies, à chacune sa fonction.
    • Les haies bordant le territoire remplissent deux fonctions. Elles constituent d’abord une séparation physique entre des territoires à vocations différentes, grande culture conventionnelle d’un côté et polyculture élevage biologique de l’autre. Mais chacune présente aussi un intérêt supplémentaire. Au nord on retrouve une haie champêtre traditionnelle mêlant arbres de haut-jet et arbustes variés. Au sud, proche de la route de Châteauneuf-sur-Cher, la haie devenue paysagère ajoute couleurs et fruits pour offrir une belle entrée en matière au domaine. Enfin, à l’ouest, la haie se fait têtard avec pour vocation à moyen terme de fournir du fourrage aux brebis.
    • Les haies à l’intérieur du territoire. Elles redéfinissent avant tout des parcelles de dimensions plus adaptées à l’élevage. Ainsi l’ancien champ dit du Parc, sablonneux, est divisé par trois haies champêtres. Elles constituent aussi des zones de protection pour les animaux sauvages qui peuplent le territoire. La haie cynégétique nord est en fait une succession de linéaires de 45m séparés par des zones vierges de 30m pour éviter que les prédateurs puissent se maintenir continuellement à l’abri.
  2. L’agroforesterie intra-parcellaire, ni agriculture, ni sylviculture.
    • La densité de plantation n’excède jamais 100 arbres à l’hectare. Le rôle de l’arbre s’éloigne de ce que l’on connaît habituellement. Il n’est plus absent (champs vide) ou trop présent (forêt, bois), il est arbre champêtre, créant des microclimats, luttant contre l’érosion, tout en permettant l’épanouissement d’autres cultures. A Châteaufer, les densités de plantations et les formats changent d’une zone à l’autre. Pour une même densité, la répartition géométrique crée la variété et permet la comparaison. Des zones de conforts, sous formes de bosquets sont aménagées pour offrir de l’ombre à nos futurs troupeaux.
    • Les arbres installés recouvrent une grande variété d’essences qui sont mélangées au sein des linéaires de plantations. L’objectif est de faire du bois d’œuvre à horizon long, mais aussi à court terme de fournir des fruits (pommier, poirier, cormier, alisier, merisier, noyer, etc…) ou d’être mellifère. Surprise, au milieu de ces plantations vous tomberez parfois nez à nez avec des variétés rares de chênes, tilleuls ou encore des caryiers, qui complètent ce que vous pourrez voir dans le parc à proximité des bâtiments.
    • Parmi les projets qui nous tiennent à cœur mais qui prendront un peu de temps à se mettre en oeuvre, le plessage de certaines haies ou encore les tables fourragères à l’extrême sud du territoire. Sur le papier, un régal pour nos futurs moutons…
  3. Les hommes du projet agroforestier
    • Conçu avec l’aide d’Agroof incontournable en matière d’agroforesterie en France, nous avons choisi de faire appel à un planteur « traditionnel », expert de la houe forestière, Pierre Baron. Avec notre goût pour la variété, il était impossible d’envisager une plantation à la machine. Et bien nous en a pris, car la valeur ajoutée d’une plantation à la main nous est apparue supérieure à nos attentes, compréhension du sol et de ses enjeux, inspection minutieuse des végétaux, capacité à faire face à l’inattendu. Puis, il y a tous ceux qui nous aurons aidés à planter des piquets, installer des manchons ou étaler le copeau au pied des végétaux, Pierre (notre jardinier), Nicolas et nos nombreux voisins, Christian, Wibout et Thierry  et tant d’autres…
    • Le projet s’étalera sur trois ans, la première phase ayant débuté pendant l’hiver 2016-2017. Environ 5 000 arbres et arbustes ont été plantés lors de la première campagne de plantation.
Le parc
  1. La passion de la diversité
    • Quand on arrive dans un endroit nu, la tentation de planter est grande. Notre chance a été de rencontrer à cette époque M. et Mme Adeline, passionnés de végétaux rares installés à quelques encablures, sur les rives de la Loire. Nous découvrons alors un monde d’exception rempli de variétés rares. En 2005 les premiers arbres sont plantés. Le rythme faiblira parfois, mais le flux des plantations ne se tarira plus. Avec la fermeture de la pépinière Adeline, nous avons dû trouver d’autres fournisseurs (Pépinières Bagatelle, Botanique de la Preille, Ribanjou), allant parfois au-delà de nos frontières. Cette passion de la diversité se prolongera au-delà du parc, puisque vous pourrez retrouver au détour d’une haie ou dans un alignement agroforestier, un mouton à cinq pattes. Vous pourrez trouver ci-dessous une liste des végétaux présents sur le site, parfois grands sujets, parfois à peine sortis de la nurserie.
  2. Le jardin proche
    • En création, il sera planté lorsque la restauration du bâtiment principal sera achevée.
Nos premières expérimentations :
  1. Le potager
    • Un potager surélevé qui nous offre quelques légumes. Un projet plus ambitieux nous attend. Il visera à offrir les précieux légumes qui complèteront nos plats à base d’agneau.
  2. Le verger
    • Nous avons déjà plantés lors de notre première campagne. Ils sont aujourd’hui à l’intérieur du poulailler et offrent quelques pommes, poires, mirabelles et cerises. En 2015, nous démarrons une nouvelle expérience de forêt jardin qui mêle plusieurs étages de plantations, arbres, arbustes et couvre-sol. Le projet n’en est qu’à ses balbutiements. Nous avons testé les classiques (pommiers, poiriers, pêchers, pruniers, cerisiers, abricotier, cognassier, néfliers), des arbustes à fruits (aronia, amélanchiers, arbousier, sureau, arbre aux faisans), des petits fruits rouges (cassis, groseilles, mûres, myrtilles, groseilles à maquereaux) et des plus exotiques (nashi, asiminier, azérolier).