Un an après notre installation, nous démarrons la première tranche de travaux avec la restauration des couvertures du château et de l’ensemble des communs.

Les toits

Un très important travail de gros œuvre nous attend ; il faut alors définir les priorités ! La charpente du bâtiment principal est entièrement reprise ainsi que la couverture en petite tuile. Tous les solivages et poutraisons sont aussi intégralement refaits telles qu’à l’origine, IPN retiré, plafond à la française restitué, 70% de la charpente est reprise à neuf. Le château devient une coquille vide, mais hors d’eau. Il va pouvoir reprendre son souffle quelques années, le temps que nous remettions à plat l’ensemble des communs.

Le parti-pris sur les communs est de rompre avec les transformations récentes qui ont rassemblé les bâtiments en deux longs blocs. Nous partons à la recherche des volumes originaux. Nous retrouvons des chaînages d’angles, des marques de charpente qui orientent la restitution vers l’état 17ème. Un inventaire après décès de 1789 nous indique la fonction de chaque bâtiment. Démarre alors un travail gigantesque qui consiste à changer une à une l’intégralité des charpentes-couverture, à remonter les murs en mauvais état. Nous restituons le four à pain qui avait disparu lorsque la boulangerie et l’écurie avaient été rassemblées.

Aujourd’hui, les toitures ont retrouvé leur forme originelle, à double croupe et coyaux. Un trottoir de pluie en pavés de grès de récupération file au pied des murs afin de capter et recycler les eaux pluviales. Les coyaux et leur trottoir présente plusieurs avantages par rapport à des gouttières : protéger les pieds de murs en offrant une pente qui accélère l’évacuation de l’eau, maintenir une hydrométrie suffisante du sol pour préserver les fondations tout en captant l’eau. 70m3 d’eau sont stockés et réutilisés pour l’arrosage.

Les tuiles ont toutes été acquises au début du chantier aux Tuileries de l’Aubois. La charpente en chêne vient de bois débités en forêt de Meillant toute proche. La pierre de taille est issue de la carrière de la Celle, déjà pourvoyeuse pour Châteaufer au XVIIème siècle. Le moellon a été récupéré sur place, que d’aller-retours !

Les Menuiseries

Une fois l’ensemble des bâtiments hors d’eau, vient le temps de restituer les menuiseries et les enduits. Nous optons pour un double vitrage collé très fin avec une face « à l’ancienne » irrégulière. Grâce à la faible épaisseur du verre, nous pouvons retenir des petits bois « fins ». Les menuiseries sont 17ème, travaillées avec un spécialiste breton des fenêtres de cette époque. Nous n’avons retrouvé aucune trace de menuiserie ancienne, celles-ci ayant été intégralement changées à la fin du XIXème siècle pour les besoins de la remonte. L’enduit est lissé et se fond avec la pierre de la Celle qui habille les chaînes d’angle et les ouvertures. Le choix du coloris et du grain d’enduit nous aura mobilisés pendant deux mois, pour un résultat qui nous enthousiasme chaque jour. Quant à la couleur des huisseries, nous vous laissons le plaisir de les découvrir sur place. Nous avons privilégié la joie et le soleil.

A suivre

Prochaine étape de notre restauration, l’aménagement intérieur de l’ensemble des bâtiments. Une fois n’est pas coutume, nous allons donner la priorité au bâtiment principal afin de nous y installer au plus vite. Au premier étage du bâtiment principal, on trouve un ensemble de peintures murales d’inspiration italienne. Nous avons un gros enjeu de restitution et d’intégration de ce décor peint. Par ailleurs, le bâtiment n’ayant pas été habité bourgeoisement depuis plus de 200 ans, il faut créer les espaces de commodité et projeter un aménagement qui respecte le fort cadre présent.